Théories de la dégénérescence : D’un mythe psychiatrique au déclinisme contemporain

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C’est en historien et en psychiatre que Jacques HOCHMANN nous livre ici ses réflexions :

Théories de la dégénérescence

D’un mythe psychiatrique au déclinisme contemporain

HOCHMANN Jacques

éd. Odile Jacob, Paris, 2018

 

 

Jacques HOCHMANN est psychiatre et psychanalyste : ancien membre titulaire de la Société Psychanalytique de Paris et membre honoraire du Groupe Lyonnais de Psychanalyse.

Il est professeur émérite à l’université Claude Bernard et médecin honoraire des Hopitaux de Lyon.

Il a consacré l’essentiel de sa carrière au développement d’institutions publiques de soins psychiatriques ambulatoires en alternative à l’hospitalisation et en liens avec l’environnement social et familial de sujets en difficulté psychique.

Il a créé et dirigé à Villeurbanne (69), l’Institut de traitement des troubles de l’affectivité et de la cognition (ITTAC) pour les enfants et les adolescents.

Il s’est particulièrement occupé de l’accompagnement thérapeutique et éducatif des enfants et adolescents autistes ainsi que de l’aide à leur insertion sociale et scolaire. Il a consacré de nombreux articles et ouvrages au soin psychiatrique.

Il s’intéresse actuellement à l’histoire de la psychiatrie, aux rapports entre psychanalyse et neurosciences ainsi qu’à l’application de la psychanalyse à l’étude des textes littéraires.

 

 

Résumé de l’ouvrage :

La théorie de la dégénérescence attribue l’origine des troubles mentaux à une transmission héréditaire ; elle domine la psychiatrie de la seconde moitié du XIXe siècle. Généralisée ensuite, elle a participé à la naissance d’idéologies eugénistes et racistes. Elle a nourri les attaques contre une société industrielle et libérale, jugée dégénérée en raison du mélange de classes et de races, mortel pour la civilisation, qu’elle passait pour favoriser…

Sur quelles racines mythiques et historiques cette théorie s’est-elle constituée ? Comment est-elle parvenue à s’imposer en France, mais aussi en Europe, dans les milieux intellectuels, scientifiques ou politiques ? Et quels liens peut-on établir avec les récents discours déclinistes qui dénoncent l’hédonisme, la perte des valeurs viriles ou encore la décadence nationale ?

 

Sommaire :

    • Aux sources de la réaction
    • La laïcisation du péché originel
    • La dégénérescence : mise en forme d’une théorie
    • L’inégalité des races humaines
    • Sous le signe de l’évolution
    • Eugénisme et racisme
    • De la dégénérescence au transgénérationnel
    • Oraison funèbre pour une civilisation ?
    • En guise de conclusion – Cherchez la femme
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Pour parler à nouveau du sexuel :
Il s’agit « d’un principe évolutif qui s’oppose tant à la reproduction à l’identique qu’à la mort… »

« Dépasser les bornes »

le paradoxe du sexuel

Jean Louis BALDACCI

PUF le fil rouge, 2018

 

Jean-Louis BALDACCI, psychiatre, psychanalyste, membre titulaire formateur de la Société psychanalytique de Paris, a dirigé le centre Jean FAVREAU de 2000 à 2015. Dernier ouvrage paru : L’Analyse avec fin (Puf, 2016).

 

Résumé :

« Le sexuel » est au foyer même de ce qui organise le psychisme. L’exercice de la sexualité n’en est qu’un aspect. Vu comme une entité, le sexuel subsume un jeu de forces paradoxales : libido, pulsions mais aussi les formes prises par ces forces, le narcissisme par exemple. Il s’agit « d’un principe évolutif qui s’oppose tant à la reproduction à l’identique qu’à la mort ». Principe qui réunit mais également sépare, « troisième terme qui dépasse l’opposition vie/mort »… Paradoxe du sexuel donc, qui ne peut se ranger sous la seule bannière d’Éros. Jean-Louis BALDACCI resitue la notion de sexualité infantile, reprend de façon féconde l’opposition sexualisation/désexualisation. Ainsi, au cœur du livre, ce destin essentiel du « sexuel » qu’est la sublimation apparaît, non pas seulement comme un usage des pulsions, mais comme un mouvement organisateur du psychisme « dès le début » et du développement du processus analytique lui-même. Des exemples cliniques, dont l’un est exposé dans ses différents temps, détours et nuances, viennent illustrer cette place particulière de la sublimation, mais aussi l’expérience irremplaçable qu’offre à quelqu’un une psychanalyse « classique ». La pensée clinique singulière de Jean-Louis BALDACCI nous conduit à « dépasser les bornes » du conformisme théorique et renouvelle notre appréhension de questions cruciales telles que la transitionnalité, le narcissisme, le transfert sur la parole et le contre-transfert.

 

Sommaire :

    • Première partie : Sexuel, sexualité infantile, pulsion
    • Deuxième partie : Pulsion, objet et transtion. Le rôle de la sublimation
    • Troisième partie : L’ouverture par la parole
    • Quatrième partie : Les détournements narcissiques du sexuel
    • Conclusion : Un meurtre de la mère ?
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Dans son expérience clinique, le psychanalyste cherche et transmet :

À quoi pensent les autistes ?

Martin JOUBERT

NRF Gallimard, 2018

Martin JOUBERT est pédopsychiatre et membre de la Société Psychanalytique de Paris.

Il a publié :
– L’enfant autiste et le psychanalyste, PUF le fil rouge, en 2009.
– « Thérapie psychanalytique individuelle dans un dispositif de secteur », Autisme et secteur de psychiatrie infantojuvénile, PUF le fil rouge, 2012, ouvrage collectif sous la direction J. SARFATY

 

Résumé :

Martin JOUBERT prend le chemin long, nécessaire pour communiquer avec les autistes et faire entendre au lecteur ce dont il s’agit, le faire entrer dans la séance et dans un environnement où rien ne paraît apte à border l’espace psychique, environnement qui n’environne pas véritablement. Laurent décrypte toujours plus de signes auxquels il lui faut, un par un, accorder une signification. S’il comprend beaucoup de choses, c’est avec la tête. Il utilise un langage élaboré et se sert de son intelligence et de sa bonne mémoire pour comprendre le monde en posant des questions ciblées : Ca veut dire quoi : manger un peu de tout ? Pourquoi les grands-parents c’est les parents des parents ? C’est quoi un pays d’aide au tiers-monde ? Le « monde-d’après-Laurent » semble un assemblage énigmatique de facettes sans nombre, à expliciter chaque fois. Un énoncé de signifiants à multiples résonances le rend confus. « Il m’interroge comme si j’étais une sorte de Sibylle qui posséderait toutes les réponses, à ceci près que la Sibylle était ironique : elle se moquait des humains en jouant sur leur propre désir. Laurent, lui, est d’un sérieux absolu et le sérieux de sa question s’impose à moi. Pas question de se défiler dans une pirouette : il le sentirait tout de suite et se retirerait dans son monde. On se croirait égaré avec lui dans une bibliothèque de Babel à la Borges avec, dans chaque case, non un livre, mais la réponse à l’une de ses questions. »

Sommaire :

    • Croisements
    • Identifications
    • La pensée autiste, un évitement du masochisme primaire ?
    • Structure en double et organisation du narcissisme
    • Un corps troué
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Paul DENIS regroupe les écrits de :

Paulette LETARTRE, Entendre la folie

PUF le fil rouge, 2018

Paulette LETARTRE (1929-2009) était biologiste, médecin, psychiatre, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris. Proche de Francis PASCHE, elle lui a succédé à la consultation de psychanalyse de la chaire des maladies mentales et de l’encéphale à l’hôpital Sainte Anne, développant l’approche psychothérapeutique des patients psychotiques.

Résumé de l’ouvrage :

La passion de comprendre l’énigme des organisations dites psychotiques, autistiques ou schizophréniques, la passion de faire comprendre à la personne souffrante ce qui se passe en elle – comprendre pour mieux être – habitait Paulette LETARTRE.

Pendant plusieurs dizaines d’années, elle a abordé et traité des situations psychopathologiques inabordables autrement que par une psychothérapie. Des cas parfois extrêmes, comme celui de cette jeune mère qui avait étranglé sa fille avant d’échouer à se suicider, mais aussi plus quotidiens comme celui d’une jalousie térébrante chez une dame âgée. Ses récits, incroyablement vivants et émouvants, nous montrent une psychanalyste au travail, mois après mois, année après année. On la voit trouver, et nous transmettre, une attitude d’écoute qui permet de supporter passages à l’acte, refus de tout échange, déception devant la lenteur des progrès… mais surtout de créer avec ses patients un espace intermédiaire d’échange qui rend à l’imagination son pouvoir et aux mots leur valeur symbolique.
Mieux que n’importe quel manuel, ce livre enrichit la pratique de tout analyste, qu’il traite ou non des « nouveaux psychotiques ». L’étude de ces cas est un amplificateur de brillance qui permet de déceler les mouvements qui naissent, sur un mode mineur, au cours de toute entreprise psychanalytique.
Ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains : il pourrait convaincre de la valeur thérapeutique de la psychanalyse.

 

Sommaire de l’ouvrage :

    • Préface par Paul Denis
    • Traitement psychanalytique et psychiatrie
    • Les Nouveaux psychotiques
    • Psychothérapies individuelles psychanalytiques en psychiatrie
    • La peau d’Anna. Traitement au long cours d’une adulte psychotique
    • De la cure type au traitement des états-limites : un casse-tête
    • Les interventions du psychanalyste
    • La psychothérapie d’une psychotique éreutophobe
    • Psychothérapies analytiques des schizophrènes
    • Les pièges de la surinterprétation dans le traitement des schizophrènes
    • De quelques passages à l’acte
    • Des représentations « paravent »
    • À partir d’un roc : de la quantité à la qualité
    • Les dessous d’un fétiche : le fétiche « porte mère »
    • « On » joue avec la mort
    • Une psychothérapie de dernière heure…
    • Lire entre les rides
    • La paille… la poutre… et bien d’autres choses. Des faces cachées du transfert négatif et du contre-transfert
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Ceci n’est pas une nouveauté mais à lire et à relire :
 » La réalité psychique de chaque être humain est construite sur un système de messages parentaux, véritable matrice originaire de significations.
C’est à partir de ce ‘ça’ familial que le sujet doit régler son existence, et développer sa vie fantasmatique personnelle… »

Figures du déni.
En deçà du négatif.

Bernard PENOT

Dunod, 1989

Bernard PENOT est psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris, Ancien interne des hôpitaux de Paris, psychiatre. Il est médecin directeur d’un hopital de jour pour adolescents.

 

Résumé :

La réalité psychique de chaque être humain est construite sur un système de messages parentaux, véritable matrice originaire de significations. C’est à partir de ce ‘ça’ familial que le sujet doit régler son existence, et développer sa vie fantasmatique personnelle. S. Freud a bien saisi que la négation constituait le temps premier, nécessaire, d’une telle opération subjectivante liées aux refoulements : un objet d’amour notamment parental, n’étant symbolisable psychiquement à partir de son absence reconnue, ou décrétée.

Or le déni de réalité, loin de constituer pour Bernard Penot une forme ‘primaire’ de la négation, manifeste au contraire son échec radical, empêchant l’intégration par le sujet de son donné originaire dans un système symbolique d’ensemble.

Le déni est toujours déni d’absence (du manque), ce qui amène des fragments de représentations parentales à se maintenir sur un mode plus ou moins traumatique, à faire retour au travers d’expèriences perceptives connotées d’inquiètante étrangeté : le réel ainsi « trans-figuré » conserve un caractère foncièrement équivoque.

Prenant en compte le donné trans-générationnel dans l’analyse de cette pathologie de la réalité quotidienne, l’auteur enrichit le champ de la pratique psychanalytique (et son parti pris d’individualité). La diversité du matériel clinique et les analyses proposées destinent son ouvrage à tous ceux qui, travaillant dans le camp de la santé mentale, traitent de ces cas dits ‘limites’ – patients jeunes ou vieux – pour lesquels la réalité en vient à perdre sa signification usuelle.

 

Sommaire :

    • Prologue
    • Le rejet de réalité
    • Jeanne ou l’étrangeté de son sexe
    • Au-delà d’un trouble du souvenir
    • Lorsqu’il y a quelque chose de pourri chez le père
    • L’enfance du délire
    • Sujets en souffrance
    • L’être volé
    • L’interprétation du déni dans la cure
    • La réalité sous condition : quel surmoi ?
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La dépression périnatale
Approche clinique et psychanalytique
Préface de René ROUSSILLON

Marie-Aimée HAYS

 

Devenir parents est un processus continu : il commence dès la conception puis la grossesse et se déploie progressivement dans les liens d’attachement au bébé. Certains parents, qui connaissent des difficultés dans cette création identitaire, souffrent de dépression périnatale. Cette affection dont les ressorts restent méconnus est un problème de santé publique tant par sa prévalence (jusqu’à 20% des mères, 10% des pères) que par ses effets, notamment sur le développement de l’enfant.
S’appuyant sur son travail de recherche, son parcours psychanalytique et son expérience en maternité, l’auteur a élaboré une pratique de prévention précoce des troubles de la relation mère-père-bébé liés à la dépression périnatale.
Attentive tant aux communications primitives du bébé qu’aux réminiscences parfois traumatiques de l’infantile des parents, dans le vif des séances psychothérapeutiques, elle s’intéresse aux difficultés présentes des mères et des pères à se sentir compétents pour leur enfant.
Marie-Aimée HAYS livre le récit détaillé de séances et leur reprise théorique, précise et accessible, où se dessine le processus thérapeutique : mères, bébés, pères cheminent vers la subjectivation. Elle transmet aux professionnels de la périnatalité des éléments de compréhension de la dépression périnatale, utiles au diagnostic, à l’orientation et à la technique de soin et de prévention qui témoignent de sa réflexion théorique et de sa pratique clinique.
Marie-Aimée HAYS est psychologue clinicienne, docteur en psychologie, psychanalyste membre de la Société psychanalytique de Paris, membre de la WAIMH-France (Association mondiale pour la santé du nourrisson). Elle exerce en maternité et néonatologie (Clinique Belledonne Saint-Martin d’Hères) et en cabinet (Meylan) près de Grenoble. Elle dispense des formations auprès des personnels de périnatalité.
Avec la participation de Anne-Marie BALLAIN, psychologue clinicienne, psychothérapeute de formation psychanalytique (Grenoble).

 

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UN DIALOGUE
Sigmund FREUD et Romain ROLLAND

Textes réunis par Henri VERMOREL

 

Sigmund Freud et Romain Rolland ont entretenu de 1923 à 1936 et ne se sont rencontrés qu’une fois. Au fil d’échanges aussi sobres qu’intenses, ils abordent des thèmes tels que la nature de la croyance et l’origine du sentiment religieux – Freud se considérait comme un « juif athée » face à son ami, chrétien sans Église, et le malaise dans la civilisation, qui les préoccupait l’un et l’autre après les massacres de la première guerre mondiale qui précédèrent la montée des totalitarismes et la menace d’un nouveau conflit.
Si le courant passe entre ces deux créateurs fort différents, c’est que des affinités latentes les rapprochent, comme leur stature de héros romantiques et un lien commun avec Goethe et les romantiques allemands. Mais plus encore, en sourdine, un deuil qui les a affectés l’un et l’autre dans l’enfance.
Freud admirait en Romain Rolland l’intellectuel engagé qui défendait les valeurs de la civilisation en dénonçant l’absurdité de la guerre de 1914-1918 et en s’opposant à Hitler. Mais il était plus lucide sur les illusions idéologiques de son ami qui, dans sa période de soutien à l’URSS, oubliera sa dénonciation du totalitarisme stalinien et s’éloignera momentanément de Freud, confirmant ainsi les ambivalences et les impasses de ce passionnant dialogue qui éclaire l’œuvre entière.

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Henri Vermorel, psychiatre et docteur en psychologie clinique, ancien médecin chef des hôpitaux psychiatriques, a commencé sa carrière dans les années 50. Membre de la Société Psychanalytique de Paris, Henri Vermorel a exercé la psychanalyse à Chambéry et présidé le groupe lyonnais de psychanalyse. Il a enseigné la psychologie clinique et la psychanalyse à l’Université de Savoie pendant près de trente ans.

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Du corps à la psyché

Madjid SALI, Psychanalyste, Titulaire formateur à la Société Psychanalytique de Paris, présentait courant 2017, dans le cadre de l’Institut de formation des psychanalystes à Lyon, le texte :

Du corps à la psyché

L’émergence et le développement d’une psyché avec ses spécificités, ses singularités et ses propres lois, à partir du soma qui en est le support est la question qui travaille Freud dés le début. Si cette question traverse toute son œuvre elle reçoit très tôt des modalités fondamentales de réponse qui ne seront jamais remises en cause par lui, même s’il est évident qu’elles s’enrichissent régulièrement des avancées de la sorcière métapsychologie.

Nous avons travaillé cette question au travers de la théorie de l’étayage ; je vous propose de poursuivre dans la même veine avec celle de la représentance. 

Avant Freud ou plus exactement avant la psychanalyse, prévalait l’idée d’une dualité corps esprit, d’un dualisme irréductible : l’esprit ou l’âme impérissable vient habiter un corps périssable.

Cette dualité était, et reste bien entendu, le fond de commerce de la religion. Elle correspondait à la nécessité de rendre conforme la « nature humaine » aux exigences de la conception d’un dieu bon mais sévère  et d’un au-delà auquel le corps n’accède évidemment pas puisque tout un chacun peut en voir la déliquescence dans ce monde-ci. La notion d’âme, avec des invariants au sein de la diversité, est aussi issue de l’exigence de la croyance religieuse bien avant les religions monothéistes. C’est aussi au début une protestation contre la détresse, et la mort irreprésentable, bref… (cf. Freud « malaise dans la civilisation »,  « l’avenir d’une illusion »).

Cette dualité est aussi l’appui d’une philosophie imprégnée de la pensée magique et religieuse. Elle-même confrontée à l’invraisemblable pensée de la mort et de l’essentialisme – les causes en sont nombreuses et nous n’avons pas ici les moyens pour aller plus loin. Qu’il nous suffise de savoir que la philosophie, une certaine philosophie, s’appuie fermement sur un dualisme, psychophysique du coup. 

Le dualisme psychophysique porté par la pensée religieuse est relayé en ces temps là dans le domaine de la médecine, comme dans bien d’autres :

D’un côté les formules comme « je le pansais dieu le guérit » ou « au médecin le corps, au prêtre l’âme » etc.… montrent bien la séparation corps/âme liée à l’influence religieuse.

De l’autre côté : la médecine, progressant à grand pas, a soudain la prétention d’annexer l’esprit à ses compétences, sans en avoir de bonnes. Le psychisme est réduit au fonctionnement conscient du cerveau. D’où émerge l’idée, de facture infantile, que l’étude du cerveau suffira à toute connaissance du psychisme réduit à sa dimension consciente. Ce qui bien sûr, insuffisant qu’il est, entraine déception et restes qui sont alors délaissés, jetés hors de la médecine vers les religions, les voyants, les guérisseurs etc. 

L’introduction par l’école de médecine française de la conception de la maladie à partir de la lésion élémentaire, avec le succès retentissant qu’on sait et à la logique grammaticale parfaitement novatrice, lui donne encore plus d’espoir pour l’annexion du fonctionnement mental à ses compétences. Ce qui nous importe là c’est que la médecine prétendant une compétence sur le trouble psychique, postule la continuité à la fois organologique cerveau-pensée (réduite à la conscience) et fonctionnelle : c’est la théorie des correspondances, des projections point par point chères aux neurologues.

La question de l’âme en son acception spirituelle reste séparée, la médecine ne s’en occupe pas et n’en dit rien. Le dualisme corps âme persiste donc et reste finalement prévalent. 

Tout d’abord notons que la question telle que posée par la psychanalyse évitera l’opposition  corps et conscience, mais concernera les rapports corps et inconscient. La constitution du psychisme en lien avec le corporel est inconsciente pour sa part la plus grande, voire totalement. Elle est la première forme de l’inconscient constituant ainsi la base de la matière psychique primaire. Le psychisme se donne, en retour, des représentations inconscientes de ce champ corporel source.  Cette perspective est totalement novatrice. C’est là le fondement de la psychanalyse.

Ce point, base de la pensée freudienne, réduit le dualisme psychophysiste régnant, écarte l’âme du religieux et celle de la philosophie quand celle-ci se mêle de séparer une âme spécifique.

Au monde psychique une autre monnaie a cours (Freud). Elle est à découvrir.

L’hystérie l’indique sans le révéler suffisamment  en ces premières explorations (Etudes sur l’hystérie). Par ses symptômes, ses paralysies, ses anesthésies qui prennent des localisations et des répartitions non académiques, apporte un démenti grave aux prévisions et aux préconisations de la faculté de médecine. Les anesthésies, les paralysies et autres symptômes de l’hystérie ne répondent pas à ce qu’auraient attendu les observateurs s’ils se réfèrent à la logique médicale universitaire des répartitions. Leurs topographies, leurs répartitions répondent à une fantasmatique convertissant dans et par le corps le conflit psychique. Cela ressort donc de la production psychique construisant une représentation (inconsciente) du corps et non de la modalité des projections cérébrales, point par point, en topiques corticales.

Une autre logique, une autre langue, une autre monnaie d’échange demandent à être connus. 

L’autre monnaie, celle en cours dans la vie psychique, cette autre réalité, c’est le ph(f)antasme. Il y a ainsi un autre pays, le psychisme, avec sa propre monnaie d’échange, qui exprime les besoins et les messages du corps. Cette monnaie d’échange (les fantasmes) peut inversement se faire signifier par le corps après change, après conversion en manifestations corporelles. La conversion est à la fois une transcription et une métaphorisation par transport ailleurs du conflit.

Notons déjà que le fantasme s’avérera beaucoup plus complexe (au point que plus tard nous parlerons de « construction » des fantasmes notamment les fantasmes originaires) que prévu. C’est au moins un sang mêlé. Il est hétérogène. Il ne peut constituer la brique élémentaire tant recherchée. La représentation ou plus largement les représentants offre plus de garanties à ce sujet. Nous en reparlerons.  

Ce monde psychique est dés lors signifié comme « Appareil psychique ». Cette nomination est d’une grande importance. Si la psyché fait partie de la vie de l’individu en son entièreté, en son entité, elle en est spécifiée comme appareil distinct et complémentaire. L’appareil psychique est une vie psychique ; tout comme le soma est une vie organique étudiable par l’organologie qui se distingue de la psychologie ; toutes deux appartenant au même règne, celui de la vie, du bios, différemment. Deux ordres différents, et pourtant en lien serré, d’un même règne : celui du vivant. 

Une double contrainte émerge (continuité incontournable, rupture évidente)  qui le conduit à proposer une nouvelle alliance psyché soma. Une nouvelle alliance qui résume à elle seule toute la créativité nécessaire pour penser la vie psychique comme « vie » à part entière, intimement liée au soma. 

Si la frontière entre psyché et soma est à envisager, elle est à concevoir comme une zone limitrophe au sens premier du terme : « limes » en tant qu’espace limite et « trophe », trophisme, lieu d’échanges et d’alimentation mutuelle, sans symétrie pour autant. Cela va d’ailleurs un peu plus loin. Cette zone de séparation trophique est aussi zone par elle-même « trophisante ». Si elle produit de l’excitation par contact, par zone de contact, elle est aussi zone de transposition, de transfert, de transformation.

On pense alors à cette formule de Freud qui dit que la pulsion est la mesure de la charge de travail imposée au psychisme du fait de sa proximité avec le soma : le soma a ses exigences ses demandes à accomplir, la psyché se charge du travail de traduction, de représentation et de satisfaction. La représentance est elle même source de plaisir. La satisfaction à la différence du plaisir seul convoque une (ou plus) modalité d’accomplissement qui implique plaisir et objet, par l’objet. Le plaisir introduit là est la forme de rétribution de base pour les opérations menées. Ce mode d’échange se généralise en principe : le principe du plaisir. Freud en formalise de façon saisissante l’expression : « En échange d’une prime de plaisir, il (le corps), matière périssable, est porteur d’une matière impérissable ».  

Deux concepts sont forgés dans le but de conjoindre ces deux contraintes à première vue inconciliables : continuité et rupture. La nouvelle alliance sera fondée principalement sur (au moins) deux innovations sans égal dans les sciences du vivant,  décisives par leur valeur fondatrice de la vie psychique. C’est sur elles que se fonde l’apport de la nouvelle science analytique pour formaliser ce passage du corps à la psyché. Etayage et représentance.

Nous avons traité de l’Etayage ; nous parlerons ici de la représentance. 

 

La délégation représentative.

C’est le produit du  processus de représentance fournissant les représentants psychiques de la pulsion dont les sources sont corporelles : représentants représentations et représentants affects. De l’excitation physiologique, corporelle, on transmute vers la pulsion psychique, encore porteuse des caractères prépsychique en cet espace de co-trophisme.   

La première réponse offerte à la question du lien articulatoire entre les racines biologiques (somatiques et corporel) et la psyché, dès cette époque (1890-95) et qui se maintiendra  ensuite, est la représentance de la revendication somatique auprès de l’appareil psychique. Il s’agit pour  Freud de formaliser la façon dont les exigences organiques, biologiques, les besoins naturels en quelque sorte et tout particulièrement sexuels se font représenter, se font entendre, se rendent présents, pour accomplissement, dans la psyché. Il s’agit, on l’aura compris, de la pulsion considérée comme psychique-prépsychique.  

Souvenez vous du travail sur l’étayage. La pulsion sexuelle, pour avoir un destin de représentation spécifique va devoir s’étayer sur les modalités, mieux instinctuellement programmées (on dit aujourd’hui plus volontiers « instructions »), des pulsions d’autoconservation. Nous  notons pour le moment la proche parenté  entre représentance de la pulsion et étayage. Ces deux conceptions sont solidaires. Elles constituent ensemble une organisation intermédiaire (forme déjà d’une tiércéÏte ) déjà psychique, encore prépsychique dont la fonction est d’assurer une forme nouvelle de continuité somato-psychique là où la double rupture (par rapport au monisme strict et à la neurotica) est considérée comme fondatrice.

Le corps est représenté dans la psyché mais sous une forme qui répond aux logiques psychiques. C’est la base de la position freudienne : il existe une représentation inconsciente de la réalité matérielle, de toute réalité à laquelle la psyché est confronté. En premier lieu soi-même et sa pensée pensante. La vie psychique représente toujours, en permanence, inévitablement.

Cette présence représentative, représentation et affect, sert de brique élémentaire à la construction psychique, de la vie psychique.

 

La représentance des pulsions

Ce titre aurait bien pu être, pout reprendre Freud, « Représentants psychiques de force, ou de la vie organique » (Minute de Vienne 12 – 15).

Il ajoute comme chacun sait : « la pulsion est un concept limite entre le psychisme et l’organisme. » 

L’origine de la représentation de la pulsion est ainsi positionnée par Freud au niveau des exigences adressées par le corps, par l’organisme à l’appareil psychique.

Si, disait Green, un seul des concepts principaux chez Freud devait être conservé, ce serait celui de la représentation. C’est dire que ce qui produit la représentation est  un processus essentiel pour faire vivre et comprendre la vie psychique.

L’excitation issue des besoins premiers a, tant que l’appareil psychique ne peut correctement la traiter en représentance, comme destin immédiat l’éconduction via la motricité (cris, pleurs, agitation et plus tard acting). La pulsion est « un morceau d’activité » dira  Freud. Plus tard cette notion sera incluse dans celle plus complexe de l’agiren ( seconde topique).

Notons au passage que ces manifestations de décharge de la tension sont porteuses  de messages à minima (on ne décharge pas n’importe quoi n’importe comment) que l’objet décode, interprète, et tente de satisfaire.  Cet étayage par l’objet est indispensable à la fonctionnalité de l’autre destin de l’excitation qu’est la représentance. 

Dans le titre de cette présentation j’ai utilisé, cela ne vous a pas échappé, le mot représentance et non celui de représentation.

Je voulais insister sur le processus, le trajet, le chemin qui mène de l’excitation organique jusqu’à la représentation, brique élémentaire de la vie psychique. Vie psychique qui de son côté potentiellement est chargée de transposer cette excitation en représentation. La pulsion est ainsi psychique prépsychique. La pulsion passe du corps au psychisme ; elle y portera poussée et sens. Au passage l’excitation se « pulsionnalise ». 

Le terme de représentance n’est en rien une invention récente. Freud l’utilise en de très nombreuses occasions. La lecture contextualisée des textes freudiens montre qu’il s’agit d’un mouvement qui va vers la formation de la représentation mais aussi aux effets, aux fonctions de celle-là dans le psychisme.

On peut donc dire que la représentance de la  pulsion est au cœur du lien de continuité corps psyché. Mais aussi acte éminemment original ; il acte la différenciation de la vie psychique.

Avec l’étayage (ici encore engagé), la représentance est fondamentalement et principalement co-organisatrice d’un passage corps psychè, une forme de continuité, articulant en transposant l’un dans l’autre, qui accepte la rupture fonctionnelle.

Notons ici de nouveau qu’avec ces deux concepts (Étayage et représentance) Freud échappe au psychophysisme  ou au dualisme qui suppose un corps habité par une âme. Ceci sans tomber dans un monisme organologique qui voudrait qu’on traite le corps et son système nerveux lorsqu’il s’agit de souffrances psychiques qui se traitent de façon effective par la « talking cure ».

Une vie psychique différentiée (parfois dénommée Appareil psychique par Freud) avec ses lois et ses fonctions spécifiques en lien de continuité articulatoire avec la vie organologique. Son exploitation répond à ces exigences que constituent continuité et séparation conjointes. 

Une petite difficulté doit être levée. Freud nous engage en un premier temps à penser la pulsion-à-représenter, comme une sorte de stimulation, d’excitation, venant des exigences du corps. Mais d’autres fois il réserve ce terme de pulsion uniquement à son devenir dans le champ psychique. Elle est ainsi tour à tour l’excitation venant du corps ou le résultat déjà un peu psychique de cette même excitation somatique. Concept articulatoire par excellence corps psychè, la pulsion est poussée excitante du corps et stimulation à représentation psychique.

Il est ainsi aisé de trouver deux approches de la pulsion. Elle est dans l’une toute faite, toute constituée dès son entrée dans le champ du psychisme, et dans l’autre le devient, se constitue en pulsion et se psychise au cours même de son trajet intrapsychique. Ce dédoublement peut probablement s’atténuer si l’on distingue potentialités de sens portées par la pulsion et destin de la celle-ci. 

Les potentialités pulsionalisantes de la revendication du corps sont d’emblée présentes. La demande adressée par le corps et ses besoins est déjà pulsion par son action transformatrice sur le champ  psychique qu’elle investit en y portant sens et poussée. La pulsion est porteuse de contenu de sens à signifier. Mais son destin de pulsion, son devenir de pulsion psychique lui vient chemin faisant vers son but, vers son accomplissement, vers une certaine forme de celui-là. Chemin pendant lequel elle s’affirmera de façon prévalente psychique. Tout en se psychisant elle a de fait un effet psychisant pour la topique psychique qu’elle traverse et révèle. Elle transporte donc en elle-même une qualité de demande, une « motion » d’où le terme qu’affectionne Freud de motion pulsionnelle. Ce terme est intéressant car il conjoint l’idée de poussée et de contenu à accomplir, à satisfaire, dans le même mouvement – force, quantité, et sens réunis.

La formalisation de la poussée initiale en représentation est porteuse de plaisir par réduction progressive de la tension et de satisfaction ensuite du fait de la révélation de la signification et de la mise en sens du contenu de la motion. Il s’agit là de la réalisation pas à pas de la composante épisthémophilique de la pulsion. 

Une situation analogue se retrouve à l’autre extrémité du dispositif pulsionnel Freudien, le pôle objectal. L’objet est à la fois source d’intérêt, d’attraction, de séduction -la mère première séductrice- donc d’excitation, à la fois issue, moyen de traitement de l’excitation par sa réponse, lorsque celle-ci est suffisamment satisfaisante. Il est celui qui suscite le mouvement pulsionnel et celui avec et par lequel se jouera le devenir du mouvement pulsionnel dans sa partie psychique. Si la pulsion trouve ses sources dans les exigences du corps, elle trouve en l’objet une attraction et une relance. Si l’objet n’est pas le lieu de la source pulsionnel, il apparaît bien comme un objet ressource précisément. Il est ainsi à différentier clairement de la notion d’objet-source chère à Laplanche tout en montrant l’intérêt de cette approche.  

Toutes les exigences du corps, de ses parties, s’expriment par une augmentation de tension qui stimule et oriente vers un mode d’action adéquat  (on pourrait dire sensé, chargé de sens) qui satisfait l’attente ; sans quoi elle se résout dans une décharge psychomotrice sans satisfaction suffisante. Elle n’atteint pas son objet. C’est une des premières conceptions du traumatique chez Freud. 

La pulsion sexuelle primitive accompagne chacune des satisfactions des revendications du corps, chacun des mouvements instinctuels. Ainsi peut se construire l’étayage des pulsions sexuelles sur les pulsions d’autoconservation. Ainsi aussi peut se comprendre une proto idée de ce qui deviendra la co-excitation libidinale à laquelle Freud donnera une place essentielle.

Les pulsions, plus particulièrement sexuelles, trouvent une petite part de satisfaction dès le début, au travers le plaisir qui accompagne la satisfaction du besoin (autoconservation) par l’objet. Part insuffisante dans l’enfance. Part perdue et recherchée tôt et longuement dans la vie humaine. 

C’est à la pulsion sexuelle, bien entendu, que nous nous intéresserons. Il ressortira un schéma de représentance commun à toutes les revendications somatiques.

L’idée de poussée nous est commune et habituelle, elle fait partie de ce que Freud présentera dans son montage en 4 termes de la pulsion, source, poussée, objet, but.

Cependant on doit souligner qu’existe déjà présent dans le mouvement pulsionnel, dés le départ un contenu de sens à faire advenir par le psychisme. Un sens qui se révèlera et s’organisera au fur et à mesure que la pulsion se psychise, s’engage dans ce mouvement de représentance où la réponse de l’objet est, nous l’avons signalé, significativement impliqué, dés le début. 

Ces étapes de délégation représentative sont bien connues.

Le représentant psychique est le produit psychique premier, la forme initiale, une sorte de représentant-tendance. Il imprime un mouvement global, une orientation générale au psychisme. L’investissement de l’espace psychique par la pulsion rencontre les traces mnésiques perceptives primitives (de l’objet, inévitablement). Il se complexifie ainsi en s’organisant autour d’un représentant-représentation d’une part et d’un représentant-affect, porteur d’un quantum d’affect, de l’autre. Aucun des deux ne peut à lui seul contenir l’ensemble de la pulsion – la satisfaction de l’un ou de l’autre ne peut épuiser à lui seul la revendication pulsionnelle.

La logique freudienne de deux processus, primaire et secondaire, en cours simultanément dans le champ psychique impose naturellement la distribution des représentants en représentants chose et représentant mots. Les processus primaires contiennent essentiellement les représentations chose (ou de chose). Les processus secondaires concernent, eux, les deux : les représentations chose et les représentations mot. Un affect se retrouvera représenté par son éprouvé plus ou moins conscient et repérable puis par le mot, le verbe qui le désigne au sujet lui même mais aussi à son objet entourage. 

La clinique des cas suffisamment névrotiques,  celle des souffrances névrotiques, nous confronte à ce jeu des représentants-représentation et représentants affect, le quantum d’affect. Le passage  de la représentation chose  à la représentation mot de la conflictualité et des affects est sensée être déjà accomplie en grande partie ; permettant que les principales stratégies de traitement psychique des souffrances endurées soient le refoulement, le déplacement, la substitution et mécanismes approchants.

La clinique dite des cas difficiles, celle des souffrances non névrotiques, elle, nous met au contact des revendications pulsionnelles qui n’ont pas encore reçu des représentations adéquates, et plus régulièrement la représentation mot. Le traitement des souffrances non névrotiques et traumatiques exige ainsi un travail préalable de mise en représentation mobilisable (mots-bilisable ?…). Ce sont les cliniques des carences profondes, des identifications cryptiques, mélancoliques, des dénis et de leurs conséquences les clivages du moi.

L’associativité qui est notre guide central dans le traitement est, dans ces circonstances, mise en difficulté. Elle bute en chemin, tourne en rond, la répétition stérilise la recherche du sens, les mots et les choses sont désaccouplés. Ce sont alors le lieu et la façon de son arrêt qui signalent le point de souffrance là où la représentation et ses destins sont défaillants, lieu du trauma, lieu du déni, lieu du clivage. 

Le refoulement, lui, provoque une trajectoire différente. La représentation refoulée pousse vers la conscience, vers son expression et offre ainsi des boucles métaphoriques signifiantes aboutissant au retour du refoulé. Le refoulement puis le retour de ce contenu représentatif enrichissent les champs des extensions métaphoriques offrant là la forme la plus favorable pour l’exercice du travail analytique.

 

 

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