Pratiques

Pratiques
Les différentes situations analytiques et la diversité des pratiques

Dans quelles conditions est-il possible d’instaurer au mieux un travail psychanalytique ?

Ce travail représente l’effort d’un patient avec l’aide d’un analyste, pour approcher et remettre en cause sa propre vie psychique et ainsi viser à des transformations. Si le dispositif divan-fauteuil reste toujours la référence théorique, d’autres modalités nées de l’expérience et de l’inventivité des analystes peuvent se révéler plus adaptées à certaines configurations et permettre un développement transférentiel plus utilisable. Le cadre, une fois défini dans chacune de ses versions, restera strict et immuable. Le choix de la modalité se construit dans la rencontre patient-analyste. Pratiqués par des analystes, ces dispositifs s’étayent en profondeur sur une conception référencée à des conflits intrapsychiques.

Dans la situation la plus connue, patient et analyste se rencontrent 3 à 4 fois par semaine. Le patient est allongé sur le divan. Le psychanalyste, assis derrière lui, hors de sa vue, lui demande de dire ce qui se passe en lui, ce qui lui vient à l’esprit en laissant les idées s’associer librement, même si cela lui parait futile, absurde ou déplaisant pour lui-même ou celui qui l’écoute. Commence alors une histoire dont le développement et la résolution exigeront un long temps d’élaboration.
Les thérapies analytiques ou analyses en face à face sont largement pratiquées. Elles peuvent précéder l’engagement dans une analyse classique ou répondre à une demande particulière. Elles se pratiquent, comme dans la situation divan-fauteuil, selon la règle fondamentale de la psychanalyse appelant la libre association. Patient et analyste se faisant face, la présence de l’analyste se joue autrement (perception des visages et des corps, mimiques, postures, regards). Le nombre de séances hebdomadaires peut-être réduit et entraîner un déroulement processuel spécifique.
Le psychodrame psychanalytique s’adresse aussi bien aux adultes, qu’aux adolescents et qu’aux enfants. Il peut être individuel ou en groupe. A partir d’un thème proposé par le patient, un groupe de cothérapeutes, constitué d’analystes, joue avec lui les scènes évoquées. Le déploiement des scènes proposées par le patient se substitue aux associations libres de la cure classique et des thérapies analytiques en face à face. Le psychanalyste qui dirige le jeu ne joue pas, mais facilite l’instauration du processus de jeu et son élaboration interprétative. Le rythme est généralement d’une séance par semaine. Cette technique répond efficacement à des organisations psychiques maintenant bien définies, qu’elle soit pratiquée seule ou associée à d’autres prises en charge individuelle ou en institution.
La psychanalyse des enfants utilise le jeu et différentes techniques d’expression. Celui-ci permet à l’enfant l’expression symbolique de ses angoisses là où les limites de son langage pouvaient laisser penser à une inaccessibilité.
L’abord psychanalytique des familles, des relations mère-bébé ou parents-bébé, des groupes, des institutions, s’est avéré lui aussi très fécond. Il est spécifique par rapport aux approches psychosociologiques, systémiques ou transactionnelles de ces situations.
Enfin, la psychanalyse s’est intéressée au domaine de la psychosomatique. L’approche psychosomatique psychanalytique envisage le malade à partir du repérage, dans son fonctionnement psychique, d’un processus de somatisation.
Quel que soit le cas de figure, c’est la formation psychanalytique du psychanalyste qui lui permet de mener une action spécifique, différente de celle recherchée par les techniques psychothérapiques. Sa formation et sa technique lui rendent possible la prise en compte élective du transfert et du contre-transfert, la référence à l’histoire personnelle du patient, la connaissance vécue de l’importance du cadre et de ses aménagements et la perception qu’il a acquise des modalités du fonctionnement psychique inconscient.

(extrait de la plaquette d’information de la SPP)